Quidam

  • Ils commencent par là. Par la suspension. Ils mettent, pour la toute première fois, les deux pieds dans l'océan. Ils s'y glissent. A des milliers de kilomètres de toute plage. A bord d'un cargo de marchandises qui traverse l'Atlantique, l'équipage décide un jour, d'un commun accord, de s'offrir une baignade en pleine mer, brèche clandestine dans le cours des choses. De cette baignade, à laquelle seule la commandante ne participe pas, naît un vertige qui contamine la suite du voyage.
    Le bateau n'est-il pas en train de prendre son indépendance ? Ultramarins sacre l'irruption du mystère dans la routine et l'ivresse de la dérive.

  • Oyana

    Eric Plamondon

    « S'il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d'expliquer sa vie. » Elle a fait de son existence une digue pour retenir le passé. Jusqu'à la rupture. Elle est née au pays Basque et a vieilli à Montréal. Un soir de mai 2018, le hasard la ramène brutalement en arrière. Sans savoir encore jusqu'où les mots la mèneront, elle écrit à l'homme de sa vie pour tenter de s'expliquer et qu'il puisse comprendre. Il y a des choix qui changent des vies. Certains, plus définitivement que d'autres. Elle n'a que deux certitudes : elle s'appelle Oyana et l'ETA n'existe plus.

  • Toute seule Nouv.

    Évoquer la misère au quotidien. Ne pas en faire une métaphore. Comment conter la vie de pauvres gens en milieu rural désertifié.
    C'est l'histoire d'un couple. Lui, Paul Ladier, est un cheminot à la retraite, artiste peintre. Elle, Françoise, plus jeune, subit à présent cet homme devenu vieux. Les illusions se sont envolées. La peinture ne les a pas rendus riches. Ils vivent dans un ancien commerce, au centre d'un bourg, les toiles collées contre la vitrine.
    Françoise s'en débarrasse contre une poignée d'euros.
    Elle aimerait aussi se débarrasser du vieux, pesant.
    Paradoxalement elle y tient, comme on aimerait un père.
    Ou une personne par qui le lien donne sens au monde.
    Pauvres, à la marge du village, on leur fait parfois l'aumône d'un bout de viande, de quelques fruits.

  • Trencadis

    Caroline Deyns

    "Je montrerai tout. Mon coeur, mes émotions. Vert - rouge - jaune - bleu - violet. Haine -amour - rire - peur - tendresse". Niki hait l'arête, la ligne droite, la symétrie. A l'inverse, l'ondulation, la courbe, le rond ont le pouvoir de déliter la moindre de ses tensions. Délayer les amertumes, délier les pliures : un langage architectural qui parlerait la langue des berceuses. Aussi vit-elle sa visite au parc Güell comme une véritable épiphanie.
    Tout ici la transporte, des vagues pierrées à leur miroitement singulier. Trencadis est le mot qu'elle retient : une mosaïque d'éclats de céramique et de verre. De la vieille vaisselle cassée recyclée pour faire simple. Si je comprends bien, se dit-elle, le trencadis est un cheminement bref de la dislocation vers la reconstruction. Concasser l'unique pour épanouir le composite. Broyer le figé pour enfanter le mouvement.
    Briser le quotidien pour inventer le féérique. Elle rit : ce devrait être presque un art de vie, non ? "J'aime l'imaginaire comme un moine peut aimer Dieu".

  • Pourquoi les hommes fuient capture, à traits précis et au plus près des gestes et mouvements, la trajectoire d'une jeune femme forte, indépendante, émouvante. Jane est une jeune guerrière (21 ans) hyperconnectée qui défriche son propre chemin : elle a perdu sa mère et ne sait pas qui est son père, mais audacieuse, elle fonce.
    Son univers commence insensiblement à basculer lorsqu'elle se lance à la recherche de celui-ci. Sa quête, qui questionne la paternité et la lâcheté masculine, mais aussi les conséquences de la célébrité (et de l'échec), interroge également les rapports humains dans un monde de plus en plus connecté, violent, hostile à une jeunesse prise entre présent perpétuel, hédonisme et appréhension du chaos.

  • Le manège des oubliés Nouv.

    Ils se ressemblent. Ce sont des gens de l'ombre. Qui tentent de mener leur frêles embarcation à bon port en ramant souvent contre des vents contraires.
    Vivre est ordinaire mais pas facile. Beaucoup sont en bout de course. D'autres ne sont plus de ce monde. Ce qui ne les empêche pas d'avoir marqué leur passage. Et d'exister dans les mémoires.
    Cela a lieu sur terre, sur mer ou en ville. Parfois dans les cafés, où la parole se libère plus facilement. Défilent, entre autres, un homme au corps cassé qui fume du cannabis avec son chien dans une voiture sur cales, un voyageur qui s'arrête définitivement dans un hôtel d'Ostende, un boxeur sonné qui coupe ses idées noires en marchant sans relâche, la mort qui vient cueillir Nino Ferrer au milieu d'un champ de blé...

  • Quand Sam Zabriski s'installe à Saint-Airy, dans le logis qu'on y appelle à mi-voix la Maison du Disparu, le destin de ce village champêtre au riche passé historique bascule. Ici, on se méfie un peu des étrangers. Ici, on décatit très bien entre-soi. Ici, on a des certitudes, dont celle que l'humanité se compose d'hommes et de femmes. Point. Or impossible de deviner à quel genre appartient Sam. Il se murmure que l'Escargot, comme on le surnomme rapidement, a fait du théâtre sans doute, été agent secret peut-être.
    L'incertitude et l'inconnu dérangent. Les tensions s'aiguisent, la violence monte, le drame couve. Après quelques escarmouches, la guerre est bientôt déclarée. Personne n'en sortira indemne. Roman noir, roman politique, étude de moeurs, Indésirable déroule cinq années de la vie d'un microcosme perturbé par l'arrivée d'un corps étranger. Et forge une langue pour exprimer le dissemblable.

  • A la veille de son départ au combat, Heller, lieutenant de l'armée prussienne, peintre dans le civil, se confronte, dans une longue lettre testamentaire, à un autre front, intérieur et non moins dévastateur, celui d'un amour impossible avec Else, une jeune Française rencontrée dans le Paris de l'avant-guerre. "Cendors, ici encore, déroute et enchante avec ce court roman dense et fiévreusement poétique qu'il dédie à la mémoire d'Alain-Fournier".
    Véronique Cassarin-Grand, L'Obs "Cette vibrante mélopée attribue à la poésie un rôle salutaire. "La poésie, c'est désimaginer le monde tel qu'on nous le vend. C'est découvrir qu'il n'est rien et que s'en éveiller est tout". Frédérique Roussel, Libération

  • "On n'est pas fait pour le monde commun, composé pour les paresseux, les peureux, gens morts dès la naissance, des larves dans la vase des temps, pauvres pensées ! plaisirs de quelques minutes, une corde de rappel tressée par la raison, un harnais de sécurité, des chiffres, des arguments, des discours, des justifications, des prétextes, éternelle mise à distance de l'être sous l'impossible. Je ne veux pas, je ne veux plus être à distance de l'impossible et de l'horreur.
    Je file droit vers eux. On y fera une pêche miraculeuse. On y gagnera une autre vie, une âme neuve". Des personnages aux instants de leur vie où tout se joue, quand on ne se résout plus à être ce que l'on était, quand on prend le risque, peut-être fatal, d'un pas de côté. Autant d'expériences fortes dont on ne revient pas. Etonnement et sidération qui marquent une seconde naissance. L'entrée dans le monde quand on n'était, avant, qu'en sa périphérie : Le Renvers.

  • L'enigmaire

    Pierre Cendors

    «L'humanité nous a donné un merveilleux aperçu sans avenir de sa destinée terrestre, nous avons soldé le sol. Sa marchandisation fut notre ruine».

    Orze, un village bombardé en 1916, a été transformé depuis en zone rouge interdite au public. Des fouilles archéologiques y révèlent une activité géomagnétique anormale et les vestiges d'un ancien culte chthonien. Ceux qui s'y rendent en reviennent inexplicablement changés. Trois inconnus - Laszlo Assenzio, surnommé Little Nemo, le premier «spacien», Adna Szor, une musicienne en deuil, et Sylvia Pan, une femme en quête de racines - se confrontent tour à tour aux mystères d'un territoire marqué par les révolutions croisées du règne naturel et de l'homme.
    Roman-monde d'un éclat sombre, juxtaposant les époques et les voix, L'Enigmaire explore les arcanes du vivant et nous invite à repenser la violence de la création et celle de l'homme. Ecrit en hommage à Andreï Tarkovski, il donne voix à l'esprit des lieux. Et couronne un travail de réflexion poétique quant au rapport au terrestre en s'articulant autour de deux pensées, celle d'Elisée Reclus qui écrivait : « L'homme, c'est la nature prenant conscience d'elle-même » ; et celle de Gary Snyder : « Les profondeurs de l'esprit, l'inconscient, sont nos propres étendues sauvages ».

  • Un témoignage littéraire sur l'attentat du Bataclan en novembre 2015. L'écrivain, blessé pendant les événements, évoque l'absurdité, le bouleversement, la violence et l'émotion provoqués par les assassinats terroristes.

  • Athènes dans l'après-guerre. Dans la grisaille, la brume et les fumées de l'usine à gaz, les lumières de la ville apportent l'illusion d'échapper à la misère. Bèba s'occupe d'une verrerie artisanale, affligée d'un mari en dépression et de deux vendeurs inefficaces et improductifs. Bèba, c'est la jeunesse, ses luttes, ses espoirs et ses déceptions, la force et la résistance qu'elle oppose aux contrariétés de la vie, à ses déboires.
    Tendre, lyrique et poétique, d'une rare maîtrise du récit et de la langue, La Verrerie donne à cette histoire d'une femme, qui voit s'éteindre un à un ses rêves les plus chers, une profondeur et une vérité qui font de ce roman, classique de la littérature grecque, un texte fascinant à (re)découvrir.

  • Dans une maison du Nord de Londres, Helena s'attelle à écrire un livre sur l'artiste américain Joseph Cornell tout en s'interrogeant sur sa soeur Alice, qui travaille dans un orphelinat en Tchétchénie. Sa soeur qui la laisse sans nouvelles ("Même dans mes rêves, elle ne m'en donne pas") et dont elle est convaincue du mépris quant au confort de sa vie privilégiée, loin des horreurs de la guerre. Survient, Ed, un photo-reporter tchèque de retour de Tchétchénie qui prétend avoir travaillé avec Alice et apporter de ses nouvelles, et qui souhaite être hébergé pour quelques jours.
    Hotel Andromeda tisse des ponts inattendus entre l'univers de Joseph Cornell et un pays livré à l'atrocité. L'art n'est-il pas ce qui permet d'affronter la catastrophe ?

  • Hemlock

    Gabrielle Wittkop

    Labyrinthe arachnéen, Hemlock évoque les destinées tragiques d'une Italienne de la post-Renaissance - Beatrice Cenci -, d'une Française du Grand Siècle - la marquise de Brinvilliers - et d'une Anglaise de l'époque edwardienne en Inde - Mrs Fulham -, entraînées dans le vortex du crime par l'enchaînement des circonstances, leur faiblesse et leur passion. Au-delà des contingences chronologiques, des visions récurrentes, des lieux, des objets, des leitmotive les relient entre elles.
    Comme aussi à Hemlock, une femme de notre temps, étrangère à leurs crimes mais déchirée entre les espérances et les craintes d'une situation extrême dont la présence, véritable fil d'Ariane, domine tout le livre. Dans ce texte tumultueux rigoureusement articulé autour des angoisses de Hemlock, rien n'est aléatoire et l'apparent arbitraire obéit à des lois aussi inéluctables qu'insolites. Quant aux trois meurtrières, le cheminement de leurs histoires illustre les mots de Shakespeare, que l'auteur place en exergue de son ouvrage : "Seigneur ! Nous savons ce que nous sommes, mais ne savons pas ce que nous pouvons être".
    Une fresque grandiose au charme vénéneux. Gabrielle Wittkop est née le 27 mai 1920 à Nantes et décédée le 22 décembre 2002 à Francfort. Elle rencontre dans le Paris sous occupation nazie un déserteur allemand homosexuel du nom de Justus Wittkop, âgé de vingt ans de plus qu'elle. Ils se marient à la fin de la guerre, union qu'elle qualifiera d' "alliance intellectuelle" . Son mari se suicide en 1986, alors qu'il est atteint de la maladie de Parkinson.
    Gabrielle Wittkop affirmera "Je l'y ai encouragé. J'ai raconté ça dans Hemlock".

  • Hommage à la comédie de moeurs, le roman joue avec les contraintes du genre :
    Intrigue à rebondissements, tonalité ironique et humoristique, travestissements, manipulations, importance du dialogue.
    L'argument est, comme souvent dans les comédies, improbable et invraisemblable : un romancier célèbre recrute un jeune imitateur talentueux et le charge de répondre à sa place au téléphone, en imitant sa voix, le temps pour lui d'achever le livre sur lequel il travaille sans être constamment importuné.
    Le Répondeur met en scène le «petit milieu» éditorial et artistique parisien dont il fait défiler les figures emblématiques, l'écrivain solitaire travaillé par une misanthropie bienveillante, l'éditeur, le journaliste culturel ambitieux et cynique, la jeune artiste talentueuse et névrosée.

  • Sez ner

    Arno Camenisch

    Sez Ner est le récit détaillé d'un été à l'alpage, dans la Sursilva des Grisons, au pied du Sez Ner. Un texte à la fois poétique et documentaire. Quatre hommes y passent l'été: l'armailli, l'aide-armailli, le vacher et le porcher, dans l'ordre hiérarchique, réduits à leur fonction. Avec eux, les vaches, les cochons, la chèvre et le bouc, plusieurs chiens, un chat, des poules et leur coq. Pas de femmes, sauf la bergère du chalet voisin, qu'on voit rarement. En trois cents fragments, Camenisch dissèque le quotidien du petit groupe en autant d'images fortes. Sans commentaires ni psychologie, il restitue le travail, la routine, le temps qu'il fait, le temps qui passe.
    Un travail sur la langue pour une musique ironique, parfois déchirante. "J'aime le texte sous le texte", dit Arno Camenisch.

  • Ustrinkata

    Arno Camenisch

    C'est le dernier soir à L'Helvezia, le bistrot du village racheté par des investisseurs. Tous les habitués sont là : la Tante, hôtesse de tout son monde, la Silvia, l'Otto, le Luis, l'Alexi, et les autres aussi, encore vivants ou déjà morts. L'alcool coule à flots et ça fume à tout-va. On est en janvier et il ne neige pas. Il pleut comme vache qui pisse. C'est quoi cette bizarrerie climatique ? Le déluge ? On cause de ça, de tout, sans discontinuer.
    Ressurgissent alors les histoires enfouies de ce village qui pourrait bien être le centre du monde. La fin est proche, mais tant qu'il y a quelqu'un pour raconter, on reprend un verre. Ce Prix suisse de littérature 2012 s'avale cul sec !

  • Fin d'hiver dans l'Athènes des années 70. Une femme mariée de quarante ans et un étudiant de vingt ans se retrouvent tous les soirs dans le même métro. Brève rencontre, amour impossible.
    Une histoire toute simple en apparence, racontée par l'un des grands romanciers grecs, Mènis Koumandarèas, qui déploie là ses thèmes de toujours : beauté de la jeunesse, hantise du vieillissement, vies gâchées, mélancolie, amertume.
    Un écrivain au sommet de son art et un portrait de femme inoubliable.

  • Les malchanceux

    B.S. Johnson

    Envoyé dans une ville des Midlands, un rédacteur sportif se retrouve confronté aux fantômes de son passé dès sa sortie de la gare.
    Le souvenir de l'un de ses meilleurs amis, Tony, trop tôt emporté par un cancer. vient à hanter son esprit tandis qu'il doit se plier, comme chaque semaine, à la routine de son labeur : écrire un article sur un match de football. Légendaire par la forme expérimentale qu'il adopte pour traiter de l'idée de chaos et du fonctionnement erratique et discontinu de la pensée, Les Malchanceux est un incunable des années 60, salué dès sa sortie comme un événement, et sans aucun doute le chef-d'oeuvre de B.
    S. Johnson. Serti dans l'écrin d'une boîte, ce. "livre disloqué" est constitué de cahiers non reliés, vingt-sept sections susceptibles d'être brassées comme des cartes et lues dans l'ordre que le hasard offrira au lecteur, exception faite des premier et dernier chapitres. intitulés comme tels. Elégie et roman de l'amitié, Les Malchanceux est aussi une magnifique méditation sur la mort comme un portrait sans complaisance de son auteur, le tout empreint d'humour noir.
    Avec quarante ans de retard, le lecteur francophone peut enfin découvrir cette oeuvre dune originalité absolue.

  • "La grand-mère est debout toute nue devant moi. Elle sursaute en me voyant. Elle fait les grands yeux. Elle a la bouche ouverte. Ses fausses dents ne sont pas dans sa bouche. Je sursaute moi aussi. Mais je ne tourne pas la tête. Je ne peux pas tourner la tête. Ma nuque est en bois. Je n'ai encore jamais vu ma Nona toute nue. Elle est tellement différente comme ça. Elle dit oha et elle retourne en boitant dans la salle de bain".
    La vie d'un village cerné par les montagnes. Un enfant espiègle observe les adultes et, sans détour, dit le réel avec insouciance. Vif et concret, touchant et drôle, profond : Arno Camenisch donne à entendre la musique singulière de sa langue qui raconte la disparition d'un monde. Une Helvétie hors norme que le temps va engloutir. C'est Zazie dans les Grisons et c'est pas triste !

  • Etre la plus petite. Suivre le carnaval. Courir après les sauterelles vertes. Avoir un tigre à soi. Voir les Chinois grands. Savoir sa mère malade. Quitter son premier pays. Perdre son prénom. Etre trop colorée, être trop blanche. Aimer la guerre et les fleurs. Se promener sur la plage en dormant. Perdre son deuxième pays. Gagner sa vie. A travers le portrait d'une enfant éprise de liberté dans la Guyane et la Martinique d'autrefois, la question de l'identité qui traverse tous les livres de l'auteur prend enfin les couleurs de sa propre créolité délavée.
    Dubitatif quant à la mention "Du même auteur" qui accompagne ses livres, Philippe Annocque répond cependant quand on l'appelle par son nom. Ses papiers le disent né en 1963. Depuis presque une vingtaine d'années, l'oeuvre de Philippe Annocque dessine une orbite elliptique autour de la question de l'identité, qu'elle aborde sous des faces diverses. Chez Quidam, il est notamment l'auteur de Liquide, Monsieur le comte au pied de la lettre, Pas Liev, Elise et Lise, Seule la nuit tombe dans ses bras.

  • Marguerite a un mec mais pas de libido, une mère mais plus de père, et rêve d'une vie de famille. Lorsqu'on lui propose d'aider un ancien président de la République à rédiger ses mémoires, elle accepte - elle ne sait pas dire non. Alors, sa réalité et la réalité prennent leurs distances, peu aidées par l'irruption d'un flic qui enquête en secret sur les liens entre une trentaine d'assassinats politiques.
    Rythmé et subtilement décousu, Marguerite n'aime pas ses fesses met en récit l'apathie politique d'une génération un brin nombriliste, questionne la puissance dévastatrice des pulsions sexuelles et s'aventure dans les méandres de la sénescence.
    Un roman loufoque, caustique et piquant.

  • Blague

    Yannis Palavos

    L'art d'allier les contraires : le merveilleux chez Yànnis Palavos se donne des allures presque naturelles tandis que la réalité prend volontiers des couleurs étranges et inattendues. Une grand-mère décédée raconte sa vie à son petit-fils ; un tueur de porcs craque pour une bébé-truie ; des toilettes se changent en ascenseur ; des personnages se volatilisent d'un coup ; un mort se réincarne en agrafeuse...
    Entre pudeur et rire, Blague dévoile sa gravité cachée, et Palavos une malicieuse maîtrise tant il aime jouer avec son lecteur qu'il désoriente à coups de péripéties improbables ou d'images insolites.

  • Le silence

    Reinhard Jirgl

    Août 2003. Georg Adam, 68 ans, médecin à la retraite et veuf, se rend de Berlin à Francfort-sur-le- Main, à la demande de sa soeur Felicitas, afin de remettre à son fils Henry un vieil album de photographies. Henry doit s'envoler pour les États-Unis où l'attend une chaire de maître de conférences en littérature et civilisation allemandes, mais il veut revoir Max, le chien de son père. L'ultime rencontre entre le père et le fils a lieu sur une berge du Main. Pris à partie par des trafiquants de drogue, Georg est victime d'un traumatisme crânien grave...
    En une saga qui passe en revue cinq régimes politiques et dissèque l'âme humaine en profondeur, Le Silence relate les destinées de deux familles allemandes, des tranchées de la Première Guerre mondiale à l'Allemagne réunifiée d'aujourd'hui.

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