Christian Bourgois

  • C'est un été en Normandie. Le narrateur est encore dans cet état de l'enfance où tout se vit intensément, où l'on ne sait pas très bien qui l'on est ni où commence son corps, où une invasion de fourmis équivaut à la déclaration d'une guerre qu'il faudra mener de toutes ses forces. Un jour, il rencontre un autre garçon sur la plage, Baptiste. Se noue entre eux une amitié d'autant plus forte qu'elle se fonde sur un déséquilibre : la famille de Baptiste est l'image d'un bonheur que le narrateur cherche partout, mais qui se refuse à lui.
    Écrit dans une langue ciselée et très sensible, Un jour ce sera vide est un roman fait de silences et de scènes lumineuses qu'on quitte avec la mélancolie des fins de vacances. L'auteur y explore les méandres des sentiments et le poids des traumatismes de l'Histoire.

  • Dans ce recueil d'une quarantaine de textes écrits au cours des dernières décennies, Toni Morrison aborde de multiples questions tant politiques que sociales, artistiques, littéraires, linguistiques et esthétiques, en imaginant un avenir où la figure de l'exilé dans son propre pays n'existerait plus.
    Si nous sommes les « habitants moraux » du monde, notre humanité est parfois à reconquérir.
    Le regard que porte Toni Morrison sur des textes d'auteurs tels que Melville, Gertrude Stein ou encore Mark Twain, mais aussi sur le monstrueux Grendel de Beowulf ou les demi-soeurs de Cendrillon, étend la réflexion aux questions du mal, du paradis et du pouvoir illégitime qui, plus que jamais, déforment la langue pour faire de toute « différence » une effrayante altérité.
    Les vibrants hommages rendus à James Baldwin, à Martin Luther King, à divers peintres noirs américains ou encore aux victimes de l'attentat du 11 septembre 2001 évoquent brillamment le lien d'interdépendance qui unit toute société à ses artistes et écrivains. Parmi ces derniers, Toni Morrison est aujourd'hui de ceux qui savent le mieux rompre les silences de l'Histoire, nous dire de rêver pour mieux façonner la réalité, compter sur la mémoire pour se (re)construire et toujours garder à l'esprit qu'aucun traitement inhumain n'est parvenu à déshumaniser ses victimes. Ainsi nous fait-elle redécouvrir les sources premières de l'amour-propre, non sans affirmer sa foi dans les générations futures, en déployant un style dont la vigueur et l'audace ne cessent de nous éblouir.

  • Beloved

    Toni Morrison

    " le 124 était habité de malveillance.
    Imprégné de la malédiction d'un bébé. " a bluestone road, près de cincinnati, vers 1870, les meubles volent, la lumière allume au sol des flasques de sang, des gâteaux sortent du four marqués de l'empreinte d'une petite main de bébé. dix-huit ans après son acte de violence et d'amour maternel, sethe l'ancienne esclave et les siens sont encore hantés par la petite fille de deux ans qu'elle a égorgée.
    Jusqu'au jour oú une inconnue, beloved, arrivée mystérieusement au 124, donne enfin à cette mère hors-la-loi la possibilité d'exorciser son passé. parce que pour ceux qui ont tout perdu, la rédemption ne vient pas du souvenir, mais de l'oubli.
    Ce roman aux résonances de tragédie grecque, au style d'une flamboyante beauté lyrique, a reçu en 1988 le prix pulitzer, et a figuré pendant des mois en tête des listes de best-sellers en grande-bretagne et aux etats-unis.

  • Le Silmarillion Nouv.

    Composé de récits allant des Jours Anciens de la Terre du Milieu jusqu'à la fin de la Guerre de l'Anneau, en passant par le Second Âge et la montée en puissance de Sauron, Le Silmarillion est au coeur de l'univers imaginé par J.R.R. Tolkien.
    Ces histoires se déroulent à une époque où Morgoth, le premier Seigneur des Ténèbres, habite la Terre du Milieu et où les Elfes lui font la guerre dans sa forteresse d'Angband pour récupérer les Silmarils. Ces trois joyaux contenant la dernière lumière pure du Valinor ont été dérobés par Morgoth puis sertis dans sa couronne de fer. Ces contes sont accompagnés de plusieurs oeuvres plus courtes. L'Ainulindalë est un mythe de la Création tandis que la Valaquenta décrit la nature et les pouvoirs des dieux. L'Akallabêth raconte la destruction du grand royaume insulaire de Númenor à la fin du Second Âge et Les Anneaux du Pouvoir relate les grands événements de la fin du Troisième Âge, que raconte également Le Seigneur des Anneaux.
    J.R.R. Tolkien n'a pas pu publier Le Silmarillion de son vivant, car il a évolué avec lui. Il a donc laissé à son fils Christopher le soin de faire paraître cette oeuvre à partir de nombreux manuscrits et de rendre publiable la grande vision de son père, terminant ainsi l'oeuvre littéraire de toute une vie. Cette édition spéciale présente sous une forme nouvelle ce premier pas fondamental dans l'édition posthume par Christopher Tolkien des volumes concernant la Terre du Milieu, début de quarante années d'une carrière illustre, avec la publication de plus de vingt livres célébrant l'héritage de son père. On retrouvera aussi dans ce volume une lettre de J.R.R. Tolkien, écrite en 1951, qui fournit une passionnante exposition des Âges précédents, et près de 50 peintures en couleurs de Ted Nasmith, dont certaines apparaissent ici pour la première fois.

  • Depuis sa publication en 1954-1955, Le Seigneur des Anneaux a enchanté des dizaines de millions de lecteurs dans le monde entier, et donné vie à la fantasy moderne, en racontant les aventures de Frodo et de ses compagnons, traversant la Terre du Milieu au péril de leur vie pour détruire l'Anneau forgé par Sauron, le Seigneur des Anneaux. Mais depuis quelques années, de nombreux lecteurs français et francophones souhaitaient qu'une nouvelle traduction, quarante ans après la première (1972), prenne en compte la meilleure version du texte anglais (débarrassé de ses coquilles depuis 2004) ainsi que toutes les découvertes permises par les publications posthumes de J.R.R Tolkien, proposées par son fils Christopher.
    C'est chose faite aujourd'hui, grâce à la nouvelle traduction du Seigneur des Anneaux, réalisée par Daniel Lauzon, qui a pu suivre, pour la première fois, toutes les indications laissées par l'auteur à l'intention des traducteurs du Seigneur des Anneaux. Dans le droit fil de sa retraduction du Hobbit en 2012, reconnue par les lecteurs de Tolkien comme la nouvelle traduction de référence, Daniel Lauzon a prêté une attention particulière au dynamisme du texte, à son énergie, aux différentes « voix » des personnages (on entend Gollum et Gandalf comme pour la première fois !), et veillé à rendre toute la poésie des chansons que comporte Le Seigneur des Anneaux.

  • Les Deux Tours, deuxième partie du Seigneur des Anneaux, poursuit le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, lancés dans leur périple en Terre du Milieu. Avec Merry et Pippin, le lecteur plonge dans les batailles entre les Orques et les Cavaliers du Rohan, avant de rencontrer l'Ent Fangorn ; avec Aragorn, Gimli et Legolas, il assiste incrédule au retour de Gandalf ; avec Frodo et Sam, il suit Gollum le long des chemins périlleux qui mènent vers le royaume du Mordor, le seul lieu où l'Anneau pourrait être détruit.

    Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par J.R.R. Tolkien à l'intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien.

    Ce volume contient 16 illustrations d'Alan Lee, entièrement renumérisées, d'une qualité inégalée, ainsi qu'une carte en couleur de la Terre du Milieu.

  • Nous sommes en France, à la fin des années 1990. Dans une ville de banlieue pavillonnaire, une adolescente regarde passer les trains qui filent vers la capitale. Elle a des projets plein la tête : partir, devenir hôtesse de l'air ou avocate et surtout, plus urgent, s'acheter des vêtements de marque. Mais comment faire quand on n'a pas assez d'argent de poche et que la vie dont on rêvait se révèle être un champ de cactus??
    Pour le moment, sa famille vacille et ses repères sont chamboulés. En très peu de temps, sans renoncer à ses désirs, elle devra tout apprendre : comment classer ses pensées, tenir tête à ses copines, assumer des responsabilités trop grandes pour elle et vivre ses premières expériences sexuelles.
    Si l'adolescence est une ligne de crête menant à l'âge adulte, l'attachante héroïne de Grande Couronne s'y tient en équilibriste, oscillant entre le trivial et le terrible. Mais elle a une arme : une vision au laser grâce à laquelle elle dresse un tableau de son époque et de ses émotions aussi drolatique qu'impitoyable.

  • Depuis sa publication en 1954-1955, Le Seigneur des Anneaux a enchanté des dizaines de millions de lecteurs dans le monde entier. Pourtant, cela fait quelques années que des lecteurs français et francophones réclament une nouvelle traduction, quarante ans après la première (1972), qui prenne en compte la version la plus à jour du texte anglais ainsi que toutes les découvertes permises par les publications posthumes de J. R. R Tolkien, proposées par son fils Christopher Tolkien. C'est chose faite aujourd'hui.
    La deuxième partie a pris fin alors que Frodo, piqué par Araigne, a été capturé et que son compagnon Sam désespère de le sauver pour continuer leur quête. Cette dernière partie raconte les stratégies de Gandalf et de Sauron, le Seigneur des Anneaux, jusqu'à la catastrophe finale et la fin de la grande Guerre de l'Anneau, à laquelle participent Aragorn, le futur Roi du Gondor, et ses compagnons Gimli le Nain, Legolas l'Elfe, Merry et Pippin les Hobbits, tandis que Gollum est appelé à jouer un rôle inattendu.
    Ce troisième volume parvient à un équilibre parfait entre le souffle épique, l'émotion suscitée par les situations extrêmes, et les moments de contemplation de cet univers sorti de l'esprit de J.R.R. Tolkien, père fondateur de la fantasy moderne et inspiration directe pour Harry Potter et Game of Thrones.

  • L'histoire se déroule dans l'Amérique des années 1950, encore frappée par la ségrégation. Dans une Amérique où le « White only » ne s'applique pas qu'aux restaurants ou aux toilettes, mais à la musique, au cinéma, à la culture populaire. L'Amérique de Home est au bord de l'implosion et bouillonne, mais c'est ici la violence contre les Noirs américains, contre les femmes qui s'exprime. Les grands changements amorcés par le rejet du Maccarthisme, par la Fureur de vivre ou le déhanché d'Elvis n'ont pas encore commencés. En effet, les Noirs Américains sont brimés et subissent chaque jour le racisme et la violence institutionnalisés par les lois Jim Crow, qui distinguent les citoyens selon leur appartenance « raciale ». Pour eux, le moindre déplacement, même le plus simple, d'un état à l'autre, devient une véritable mission impossible. En réponse à cette oppression, l'entraide et le partage ? facilités par l'utilisation du Negro Motorist Green Book de Victor H. Green qui répertorie les restaurants et hôtels accueillant les noirs dans différents états ? sont au coeur des relations de cette communauté noire dans une Amérique à la veille de la lutte pour les droits civiques.
    La guerre de Corée vient à peine de se terminer, et le jeune soldat Frank Money rentre aux Etats-Unis, traumatisé, en proie à une rage terrible qui s'exprime aussi bien physiquement que par des crises d'angoisse. Il est incapable de maintenir une quelconque relation avec sa fiancée rencontrée à son retour du front et un appel au secours de sa jeune soeur va le lancer sur les routes américaines pour une traversée transatlantique de Seattle à Atlanta, dans sa Géorgie natale. Il doit absolument rejoindre Atlanta et retrouver sa soeur, très gravement malade. Il va tout mettre en oeuvre pour la ramener dans la petite ville de Lotus, où ils ont passé leur enfance. Lieu tout autant fantasmé que détesté, Lotus cristallise les démons de Frank, de sa famille. Un rapport de haine et d'amour, de rancoeur pour cette ville qu'il a toujours voulu quitter et où il doit revenir. Ce voyage à travers les États-Unis pousse Frank Money à se replonger dans les souvenirs de son enfance et dans le traumatisme de la guerre ; plus il se rapproche de son but, plus il (re)découvre qui il est, mieux il apprend à laisser derrière lui les horreurs de la guerre afin de se reconstruire et d'aider sa soeur à faire de même.


    Home est le dixième roman de Toni Morrison. À travers l'histoire dure et torturée de ce jeune soldat, c'est un roman de la rédemption que nous offre ici l'auteur. Ce retour à l'Amérique du XX e siècle, avec une focalisation sur les années 1950, est un développement nouveau dans l'oeuvre de Toni Morrison, mais on retrouve pourtant les thèmes qui caractérisent son oeuvre. Elle laisse le lecteur découvrir ces années 1950 qui ne sont finalement que suggérées qu'à travers de petits indices. Elle laisse le souvenir de cette époque se reconstruire à travers les images distillées dans notre inconscient collectif. C'est encore et toujours dans la suggestion que l'art de Toni Morrison se révèle. Elle réussit à faire d'un roman finalement assez court une véritable oeuvre tout en subtilité, en vérités voilées qui se glissent progressivement jusqu'au lecteur avant d'exploser au grand jour.

  • Le visage de pierre Nouv.

    Fuyant les États-Unis et le racisme qui y règne, Simeon, un noir américain, arrive au début des années 1960 à Paris. Ici, les noirs se promènent sans craindre pour leur vie, et la diaspora américaine a pignon sur rue : dans les cafés, on refait le monde entre deux morceaux de jazz, on discute de politique en séduisant des femmes... Tout semble idyllique dans la plus belle ville du monde. Mais Simeon s'aperçoit bien vite que la France n'est pas le paradis qu'il cherchait. La guerre d'Algérie fait rage, et un peu partout, les Algériens sont arrêtés, battus, assassinés. En rencontrant Hossein, un militant algérien, Simeon comprend qu'on ne peut être heureux dans un monde cerné par le malheur : il ne peut pas rester passif face à l'injustice.
    Écrit en 1963, Le Visage de pierre fut le seul livre de William Gardner Smith à n'avoir jamais été traduit en français, et l'on comprend pourquoi : pour la première fois, un roman décrivait un des événements les plus indignes de la guerre d'Algérie, le massacre du 17 octobre 1961. Dans cet ouvrage où l'honneur se trouve dans la lutte et dans la solidarité, William Gardner Smith explore les zones d'ombre de notre récit national.

  • Dalva

    Jim Harrison

    Dalva est le grand roman américain de jim harrison, son livre le plus abouti et le plus poignant depuis le fabuleux légendes d'automne, harrison nous donne ici un portrait mythique de l'amérique - du génocide de la nation indienne jusqu'aux séquelles de la guerre du viêt-nam et au cynisme des années 80 - en centrant son livre sur la vie tumultueuse et meurtrie d'une femme de quarante-cinq ans, dalva.
    A travers cinq générations de sa famille de pionniers, c'est le mythe du jardin d'eden, de l'innocence perdue que harrison met en scène avec ce sens de l'espace, cet extraordinaire lyrisme, cette violence et cette étrange pudeur qui lui sont propres. " comment, après avoir si bien commencé, avons-nous pu en arriver là ? " a cette question ô combien romanesque et melvillienne, jim harrison apporte avec dalva, son chef-d'oeuvre, une réponse éblouissante.

  • Premier récit publié par J.R.R. Tolkien, en 1937, cette histoire, inventée par l'auteur pour ses propres enfants, rapporte les aventures de Bilbo, un jeune Hobbit, héros malgré lui lancé en quête d'un trésor gardé par un dragon, en compagnie de Nains et du magicien Gandalf. Bien que destiné initialement à la jeunesse, ce texte a également enchanté des générations de lecteurs adultes, par son suspense, ses coups de théâtre, son humour, sa poésie. mais aussi parce qu'il introduit le lecteur dans un monde inventé par Tolkien, la Terre du Milieu, qui sert de décor à la plupart de ses récits (dont Le Seigneur des Anneaux) ; et parce qu'il présente des personnages appelés à connaître une grande postérité, dont les Hobbits, Gandalf et. l'Anneau.

    Cette édition est servie par une nouvelle traduction, assurée par Daniel Lauzon, traducteur reconnu des oeuvres de J.R.R. Tolkien depuis douze ans. Cette traduction inédite respecte les particularités du texte, son jeu avec les registres (du plus léger, au début du récit, vers des moments plus sombres, annonçant Le Seigneur des Anneaux qui prendra sa suite), la musicalité des chansons et des poèmes. Daniel Lauzon a également retraduit les noms anglais en respectant les indications données par Tolkien dans le Guide to the Names.
    Ce livre sera donc une redécouverte pour de nombreux lecteurs de Tolkien, qui ne juraient que par Le Seigneur des Anneaux et Les Enfants de Húrin, (roman qui a connu un grand succès en 2008). 75 ans après sa publication (en 1937 en anglais), on entend enfin la voix du Hobbit !

  • Blond, grand, attirant, Lee Anderson a tout du canon de beauté de l'Américain blanc. Mais il cache en réalité un secret : il a du sang noir. Un sang noir qui a coûté la vie à son frère, victime d'un crime raciste. Aujourd'hui, Lee Anderson est décidé à faire expier ce drame à la société blanche tout entière. En s'installant dans la bourgade de Buckton, il en est persuadé : il se fera justice avec violence.
    Publié en 1946, J'irai cracher sur vos tombes fut aussitôt jugé pornographique, obscène, dérangeant, et son auteur fut voué aux gémonies. Enrichie de photographies inédites du manuscrit de l'adaptation cinématographique du roman, cette nouvelle édition présente, en outre, l'imposant Dossier de l'« Affaire J'irai cracher sur vos tombes » par Noël Arnaud, où le lecteur découvrira le destin passionnant d'un texte aux multiples scandales et à la force toujours intacte.

  • Ce livre présente un intérêt exceptionnel à plusieurs titres : c'est tout d'abord un témoignage unique sur la conduite des soldats soviétiques à la guerre et sur les rapports humains au sein de l'armée. C'est aussi la façon dont la population civile, le pays profond a vécu la guerre, et à cet égard, Les Cercueils de zinc est un document passionnant sur la révision morale et intellectuelle qui, au-delà du seul problème de l'Afghanistan, a déchiré le pays. C'est enfin une photographie étonnante de la mentalité russe, qui nous est offerte par une voix courageuse issue de la Perestroïka.
    Cette réédition est enrichie de trois textes dans lesquels l'auteur, après un bref « récit de plus en guise d'épilogue », revient sur le procès que lui valut la parution du livre en Biélorussie. Svetlana Alexievitch fut en effet violemment accusée d'avoir déformé et falsifié les récits des soldats et de leurs mères. Après quelques extraits de presse de l'époque, le procès est présenté sous forme de « chronique » des auditions, avec les témoignages de l'accusation et des défenseurs de Svetlana Alexievitch, et enfin le jugement rendu.
    Les accusations, particulièrement celles portées par les mères de soldats et par les témoins mêmes du livre, frappent par leur violence et jettent une lumière nouvelle sur le terrible chagrin de ses femmes pour qui plus s'éloigne dans le temps la guerre d'Afghanistan, plus la mort de leurs enfants engagés dans cette désastreuse entreprise semble absurde. Ces nouveaux textes révèlent à quel point ce livre a paru être une offense à tous ceux pour qui la vérité sans fard sur la guerre d'Afghanistan est un fardeau trop lourd à porter.

  • Délivrances

    Toni Morrison

    Dans son onzième roman, qui se déroule à l'époque actuelle, Toni Morrison décrit sans concession des personnages longtemps prisonniers de leurs souvenirs et de leurs traumatismes.

    Au centre du récit, une jeune femme qui se fait appeler Bride. La noirceur de sa peau lui confère une beauté hors norme. Au fil des ans et des rencontres, elle connaît doutes, succès et atermoiements. Mais une fois délivrée du mensonge - à autrui ou à elle-même - et du fardeau de l'humiliation, elle saura, comme les autres, se reconstruire et envisager l'avenir avec sérénité.



    « Rusé, sauvage, et élégant... Toni Morrison distille des éléments de réalisme et d'hyperréalisme dans un chaos magique, tout en maintenant une atmosphère narrative séductrice et poétique, voire toxique... Une fois encore, Toni Morrison déploie une écriture courageuse et sensuelle qui fait d'elle, sans doute, la plus grande romancière contemporaine. » Lisa Shea, Elle.

    « Toni Morrison ajoute une nouvelle pierre à l'édifice d'une oeuvre [...] au sein de laquelle elle ne cesse d'examiner, d'interroger les conflits et les changements culturels de notre époque. Délivrances est incontestablement un nouveau chef-d'oeuvre. » Jane Ciabattari, BBC.

  • Dans les premières années du xixe siècle, loin des guerres de napoléon, au sud-ouest de l'angleterre, une fille de pasteur anglican, qui n'est ni très riche, ni très pauvre, ni savante, ni illettrée, qui n'a aucune aventure exceptionnelle, et qui n'épousera pas un lord, entreprend singulièrement de dire en prose de fiction quelque chose d'irracontable et de jamais encore raconté : comment une jeune fille, entre toutes les contraintes de la famille, du monde et des moeurs, devient une personne entière, autonome et invincible.
    Et ce faisant jane austen crée d'un seul coup une branche nouvelle, unique, étonnante, imprévisible du roman anglais, qui est surtout le roman des anglaises, avec sa prose silencieuse, énigmatique, la prose du non-dit, de la réticence, et de la retenue. ; celle qui, après elle s'avance vers sa floraison, peut-être ultime, en henry james et virginia woolf. orgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de jane austen.
    Son histoire, sa question, est en apparence celle d'un mariage : l'héroïne, la vive et ironique elizabeth bennett qui n'est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux darcy ? si oui, en sera-t-elle aimée ? si oui encore, l'épousera-t-elle ? mais il apparaît clairement qu'il n'y a en fait qu'un héros qui est l'héroïne, et que c'est par elle, en elle et pour elle que tout se passe. jacques roubaud.

  • Au terme d'un repas, un banquier démontre à son convive que ses convictions et ses actions en matière d'anarchisme n'ont rien à envier à celles des poseurs de bombe. Il déploie ainsi les trésors d'une rhétorique insidieuse au service de sa personne et s'installe dans de provocants paradoxes. Si ce banquier anarchiste nous enchante par son esprit retors, ses raisonnements par l'absurde et une mauvaise foi réjouissante, la véritable dimension du livre, cependant, n'est pas là : il s'agit en fait d'un pamphlet incendiaire contre la société bourgeoise, ses hypocrisies et ses mensonges. C'est aussi une dénonciation du pouvoir de l'argent, qui mine de l'intérieur le bien le plus précieux de l'homme : la liberté.
    Le Banquier anarchiste est l'unique oeuvre de fiction publiée du vivant de Pessoa et signée de son vrai nom. Un texte explosif, un véritable brûlot.

  • Un don

    Toni Morrison

    « Situé deux cents ans avant Beloved, Un don évoque, dans la même prose lyrique et verdoyante qui caractérisait son précédent roman, le monde beau, sauvage et encore anarchique qu'était l'Amérique du XVIIe siècle. Toni Morrison a redécouvert une voix pressante et poétique qui lui permet d'aller et venir avec autant de rapidité que d'aise entre les mondes de l'histoire et du mythe, entre l'ordinaire de la vie quotidienne et le royaume de la fable... Un don, le récit déchirant de la perte d'une innocence et de rêves brisés, est, dès à présent, à ranger aux côtés de Beloved, parmi les écrits les plus obsédants de Toni Morrison à ce jour. » (Michiko Kakutani, The New York Times) « La force épique avec laquelle Toni Morrison rend compte de l'espace et du temps surpasse encore le talent avec lequel elle décrit ses personnages. Elle excelle à trouver une forme de poésie dans ce monde colonial brutal et décousu, amenant son oeuvre au-delà de la simple dénonciation des infamies de l'esclavage et des difficultés d'être afro-américain. » (John Updike, The New Yorker)

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