Cerf

  • Geneviève, au début du Ve siècle, choisit de consacrer sa vie à Dieu : encouragée par l'évêque Germain d'Auxerre, elle mène une vie de prière et de charité au moment où les rois francs prennent le pouvoir en Gaule du Nord. Geneviève s'intéresse à tout ce qui touche ses contemporains : les angoisses de la guerre, les difficultés du ravitaillement, les raids hunniques, mais aussi les fièvres du nourrisson et la pluie qui gêne la moisson ; elle soulage tous les maux d'autrui par sa puissante intercession. La vie de cette femme paraît à ceux qui l'ont connue un tel modèle de foi et d'ascèse qu'un premier biographe la met par écrit dans les vingt ans qui suivent sa mort : Geneviève a désormais une Vie qui proclame sa sainteté, puis une deuxième, destinée aux cercles aristocratiques francs (VIe s. ?), puis une troisième, pour rappeler aux temps carolingiens qui fut la sainte mérovingienne... Chaque nouvelle Vie de Geneviève est à la fois un témoignage sur une croyante et une source sur la société médiévale qui raconte son histoire.

  • Afrique du Nord, fin IIIe - début IVe siècle. À l'aube de la persécution de Dioclétien, une purge vise les chrétiens dans l'armée. Cinq soldats sont ainsi amenés à se déclarer chrétiens après avoir, au nom de leur foi, refusé d'exécuter des ordres : Maximilien de Théveste, jeune recrue ; le centurion Marcel de Tingis ; Cassien de Tingis, greffier au procès de Marcel ; le vétéran Typasius de Tigava, devenu moine ; enfin, Fabius de Césarée de Maurétanie, jeune porte-enseigne. Tous seront jugés, condamnés à mort, puis exécutés.
    S'inscrivant dans la tradition plus ancienne du traité Sur la couronne (De corona) de Tertullien, les Actes et Passions de ces cinq martyrs les campent en héros, selon les codes hagiographiques et littéraires, tout en relatant de manière assez fiable la procédure judiciaire, les faits et les propos. Reflétant la vie et la spiritualité des chrétiens d'Afrique à cette époque, ils sont significatifs aussi des rapports entre l'État et la religion : à cet égard, ils constituent une première théorisation d'une forme de neutralité religieuse de la sphère politique, entre le domaine du citoyen (ou du soldat) et celui du croyant. Le conflit naît, pour le soldat chrétien, de la rivalité entre religion citoyenne (ou impériale) et religion personnelle, entre culte de l'empereur et culte de Dieu, entre appartenance à l'armée et appartenance à la communauté chrétienne.

  • Au début du carême, sans doute vers 389, l'évêque de Milan prêche sur fond d'une crise économique et sociale dont il est un analyste très perspicace. De sa prédication, il tire ce petit traité en trompe-l'oeil : Élie, mentionné dans la lecture du jour, semble très vite « congédié » par l'orateur au profit d'un sujet plus directement pastoral, le jeûne. Dans ce texte d'architecture soignée, tout en crescendo, Ambroise développe une apologie du jeûne, pour mieux l'opposer à son antithèse, l'ebrietas, dont il brosse un tableau haut en couleurs. Le traité culmine dans une présentation du jeûne comme préparation à la vie céleste, propre à mener les catéchumènes au baptême lors de la fête de Pâques.

    Ce texte, ici donné dans une édition critique nouvelle, est un document de grande valeur pour la connaissance des pratiques ascétiques et de l'histoire sociale. Mais il intéressera aussi, par ses qualités littéraires, et notamment ses descriptions de la vie à Milan dans les milieux privilégiés, tout lecteur désireux de goûter la verve d'un écrivain de talent.

  • Le tome IV (Commentaires sur les Psaumes 67 à 91, composés par Hilaire vers 360) comporte quatre traités sur des psaumes appartenant à la deuxième cinquantaine des Psaumes (51 à 100) qui, selon l'auteur, fait accéder l'âme, une fois la conversion réalisée et le baptême reçu, à la pratique de la justice. Sur le chemin du bonheur en Dieu tracé par l'Esprit dans les Psaumes, cette deuxième étape est destinée à faire entrer dans le royaume du Fils ressuscité, avant le passage dans le royaume du Père que célèbrera la troisième cinquantaine (101 à 150). À la suite des commentaires des Psaumes 51 à 66 (SC 565 et 603), ces traités sur les Psaumes 67-69 et 91 portent plus spécifiquement sur la résurrection, libération du mal et promesse de salut.

  • Sur la Pâque

    Timothee

    Découvert dans un manuscrit de Montpellier, le Livre de l'évêque Timothée sur la Pâque est une source inédite d'une richesse exceptionnelle sur un sujet mal connu et complexe : les controverses pascales du début du IVe siècle en Orient.

    Cette lettre pastorale, rédigée en grec par un certain évêque Timothée à une communauté non identifiable, et transmise en latin, constitue une source de premier plan concernant quatre déviances relatives aux célébrations de Pâques, déviances dont elle atteste la présence en Anatolie dans le premier quart du IVe siècle : l'une d'entre elles n'avait même jusqu'ici jamais été répertoriée. À travers elles, l'auteur laisse aussi entrevoir une situation politique complexe, que ce soit dans les relations entre communautés chrétiennes, entre chrétiens et juifs, ou encore entre christianisme et administration civile.

    La présence d'un extrait de l'ouvrage dans les carnets de saint Augustin illustre quant à elle son rôle dans l'histoire des textes et l'importance de la question pascale en termes non seulement de calendrier liturgique, mais aussi d'identité religieuse et d'exégèse.

  • Source importante sur l'Espagne à l'époque wisigothique et sur l'Église du royaume suève au milieu du VIe siècle, les oeuvres de l'évêque Martin de Braga sont ici traduites pour la première fois en français, dans leur quasi totalité.
    Martin, né en Pannonie, après une longue pérégrination en Orient exerce son apostolat (552-579) en Galice, dans un royaume « barbare » situé à l'extrémité nord-ouest de la péninsule ibérique : après y avoir fondé le monastère de Dumium, il devient évêque de Braga, puis métropolitain de la province, où il jouit d'un grand prestige auprès de ses collègues évêques et du jeune roi catholique Mir.
    C'est à ce dernier qu'il adresse la Règle de la vie vertueuse, sorte de « miroir » du prince chrétien idéal, au centre du « plan d'évangélisation » que semble suivre son oeuvre, écrite en latin : d'abord, trois traités ou sermons moraux fondés sur la loi naturelle (Pour repousser la jactance, De l'orgueil, De la colère), puis, après la Règle, une Exhortation de l'humilité, en tête d'un second groupe d'écrits pastoraux fondés sur la loi divine (Réformer les paysans, De la triple immersion, De la Pâque), couronné par trois poèmes de belle facture, dont un Epitaphium qu'il s'est composé lui-même.
    Stimulé par ses modèles littéraires - Sénèque surtout -, aussi bien qu'aimanté par l'exemple d'un autre Martin - celui de Tours -, « l'apôtre des Suèves » se révèle ici à la hauteur de sa réputation d'écrivain inspiré.

  • Riche de près de 300 pièces, la correspondance d'Alcuin, conseiller de Charlemagne et, à partir de 796, abbé de Saint-Martin de Tours, est sans équivalent à cette époque. Recueillie par son ami Arn, archevêque de Salzbourg, la première collection, comprenant vingt pièces, est ici éditée avec un nouveau texte critique et traduite pour la première fois en français. Datable de 799, c'est la seule qui ait été établie du vivant du maître d'oeuvre de la réforme carolingienne.

    Adressées à Arn, à des moines, à des élèves ou à d'anciens élèves, à Charlemagne lui-même ou à la reine Edilthrude, ces vingt lettres illustrent divers genres : consolation, précis exégétique, manuel pastoral, miroir du prince ou de l'évêque, et même « tombeau ». Le clerc anglo-saxon y fait la part belle à la Bible, à la poésie, tout en s'inspirant de Jérôme, d'Augustin, bien sûr, de Grégoire le Grand plus encore.

    Mais c'est surtout sa capacité à réagir à une situation nouvelle - la résurgence d'une hérésie, l'apparition de certaines pratiques - et à être un homme de son temps, soucieux d'une évangélisation pacifique des païens, de l'éducation des enfants, de la promotion des laïcs et des prêtres, de l'intégrité des évêques, du rôle majeur qu'un souverain comme Charlemagne peut jouer, qui fait l'attrait principal de ces Lettres.

  • Ce volume est le deuxième sur les trois consacrés aux " Conférences " (entretiens) qu'eut le jeune Jean Cassien avec les grands solitaires d'Egypte à la fin du quatrième siècle.
    Il offre les conférences 8 à 17, c'est-à-dire la fin de la première série (1-10) qui rapporte les entretiens du désert de Scété, et la deuxième série (11-17) composée d'entretiens qui eurent lieu alors que Cassien et son compagnon étaient en route pour la Haute Egypte. On y trouvera l'enseignement des pères du désert sur les démons, sur la pratique de la prière, sur les degrés de la perfection, sur la chasteté, sur la grâce de Dieu et les voies qu'elle ouvre à l'être humain, sur la connaissance spirituelle procurée par la pratique et la contemplation, sur les charismes, sur l'amitié véritable, et sur les moyens d'être fidèles aux engagements de vie qu'on a pris.

  • Cette deuxième partie du premier livre du « Contre Eunome » est celle des développements dogmatiques visant à réfuter l'idée selon laquelle Dieu seul étant l'inengendré, le Fils est d'une substance dissemblable à celle du Père. Alors qu'Eunome affirme que la substance du Père est la plus élevée et la plus authentique, Grégoire conteste le principe de substances plus ou moins grandes, qui entraîne une antériorité du Père et une subordination du Fils et de l'Esprit. Il critique également la théorie eunomienne des énergies qui accompagnent les substances et démontre l'absurdité d'une conception qui fait d'une énergie le Père du Monogène. Accusant Eunome de recourir à des raisonnements sophistiques et de tendre vers le manichéisme, Grégoire affirme l'unité de substance dans la Trinité et souligne que ce qui vaut pour le Père vaut pour le Fils, même si le Fils n'est pas Père et le Père n'est pas Fils.

  • Depuis 1953, huitième centenaire de la mort de Bernard de Clairvaux, les études bernardines ont mieux révélé la place que ce saint occupe dans le XIIe siècle, épicentre du Moyen Âge, tout en mettant en une plus vive lumière la complexité du personnage.
    C'est à l'occasion d'un nouvel anniversaire, celui de sa naissance, que s'est tenu en 1990 le Colloque " Bernard de Clairvaux : histoire, mentalités, spiritualité ", à Lyon, Cîteaux et Dijon, dont sont ici regroupées les communications. Conçue pour initier l'édition de saint Bernard dans la collection des " Sources chrétiennes ", cette synthèse des recherches les plus récentes facilite l'entrée dans l'oeuvre multiforme de l'abbé de Clairvaux : entre l'histoire, fruit de la collecte des documents et de leur analyse, et la spiritualité, traduite par le rayonnement exercé par saint Bernard depuis des siècles, l'attention portée aux mentalités permet un rapprochement et même un éclairage mutuel.
    Sont successivement examinés les cinq points suivants : l'homme en son monde, le moine, le réformateur, le penseur et le saint.

  • En déclarant qu'il était plus difficile à un riche d'entrer dans le Royaume des cieux qu'à un chameau de passer par le trou d'une aiguille (cf. Mc 10, 25), Jésus n'a-t-il pas voué à la perdition tout détenteur de capitaux ? L'effroi de ses auditeurs n'a pas échappé à Clément d'Alexandrie, ni la détresse spirituelle qui guettait les riches de la ville, quand ils voyaient la distance existant entre leur mode de vie et les exigences de l'Évangile.

    Mais la parole du Christ avait-elle été bien comprise ? L'auteur des « Stromates » se révèle ici tour à tour exégète, dogmaticien, moraliste et directeur spirituel. Dans l'Alexandrie bigarrée de la fin du IIe siècle, sa pensée de fin lettré allait ouvrir à ses auditeurs et à ses lecteurs des perspectives insoupçonnées sur les richesses de la parole divine. Cette première homélie sur un sujet difficile et controversé devait connaître un grand succès.

    Après une entrée en matière qui invite chacun à l'espérance, Clément analyse soigneusement le texte évangélique. Il s'élève ensuite à de profondes considérations sur l'amour de Dieu et du prochain, avant de conclure à nouveau par un vibrant appel à l'espérance. Le « Quis dives salvetur » est la première tentative de réflexion chrétienne sur les rapports de la foi et de l'argent. Le « Mamon de l'injustice » y devient un moyen d'accéder aux « tentes éternelles ».

  • " Rhône de l'éloquence ", au dire de saint Jérôme, Hilaire de Poitiers fut, à n'en pas douter, un merveilleux prédicateur. Ses Commentaires sur les Psaumes ont-ils fait la matière d'homélies avant d'être confiés à l'écrit ? On peut en débattre. Reste que la beauté d'une pensée qui se déploie avec sérénité, souplesse et densité ne peut manquer de surprendre et de ravir le lecteur qui découvrira que, plus d'un demi-siècle avant les Enarrationes in Psalmos de saint Augustin, la Gaule chrétienne était dotée d'un commentaire du psautier en langue latine. Tout à la fois théoricien et praticien, Hilaire énonce des principes d'exégèse qui seront souvent repris, sans que sa paternité soit d'ailleurs toujours reconnue. La présente édition reprend l'acquis de travaux antérieurs, notamment pour l'établissement du texte, et propose une traduction qui, jointe à celle du Commentaire sur le Psaume 118, publiée dans Sources Chrétiennes par Monsieur Marc Milhau (vol. 344 et 347), constitue la première traduction française intégrale des Commentaires sur les Psaumes depuis Hilaire lui-même. Par sa richesse, sa subtilité et la limpidité de ses analyses, cette exégèse jette un pont entre l'Orient et l'Occident. Parole d'un homme qui tente d'expliquer la Parole de Dieu, n'a-t-elle pas encore bien des secrets à livrer ?

  • LE PRECEPTE ET LA DISPENSE : Deux moines bénédictins ont interrogé Bernard, à l'insu de leur abbé, à propos de la Règle de saint Benoît.
    En réponse, Bernard pose dans ces pages les bases du discernement spirituel au coeur de l'expérience croyante. Le fil conducteur du traité est le refus du volontarisme juridique le droit ne tire pas sa force d'obligation de la volonté du législateur, mais plutôt de sa conformité à une norme objective de vérité et de justice. LA CONVERSION : Le traité esquisse de façon très évocatrice le cheminement vers Dieu de l'âme en quête de salut.
    A la prise de conscience par l'âme de sa situation malheureuse, fait suite, à partir d'une exégèse des Béatitudes, une série d'analyses sur la place qui revient à la raison, à la volonté et à la mémoire dans le retournement vers le bonheur en Dieu. Tout s'achève autour de la béatitude des pacifiques par les fruits de la conversion en plein monde : l'homme pieux, en particulier le clerc, réconcilié avec Dieu, peut et doit y être un agent de paix.

  • La pudicité t.2

    Tertullien

    Le De pudicitia n'est pas comme son titre pourrait le laisser croire un traité de morale, mais un traité polémique et dogmatique d'une importance particulière, car il constitue la première réflexion approfondie sur la pénitence et le pouvoir de L'Eglise de remettre les péchés.
    A partir de l'interprétation de paraboles évangéliques (VII-X), de l'enseignement de Paul (XIII-XVIII) et de celui de Jean (XIX), Tertullien justifie son intransigeance en matière de pénitence et opère une distinction fondamentale entre péchés rémissibles et péchés irrémissibles (adultère, inceste, homicide, idolâtrie), entre le pardon humain et le pardon divin. Son rigorisme montaniste le conduit désormais à adopter sur la pénitence une position radicalement opposée à celle qu'il recommande dans le De paenitentia.
    Ce traité est également marqué d'une forte empreinte polémique dirigée contre un évêque carthaginois - et non contre l'évêque de Rome, Calliste : Tertullien y dénonce avec sa vigueur coutumière le laxisme d'un édit épiscopal qui, en admettant trop facilement les pécheurs à la pénitence, porte du même coup atteinte à la pureté de L'Eglise et lui communique l'impudicité du monde.

  • Le traité sur « L'Amour de Dieu » remonte dans sa première rédaction aux années 1124-1125, quand Bernard se met à écrire. Mais ce texte a été remanié par la suite pour être offert au Cardinal Aimeric vers 1133-1135. Ces pages mettent en place de façon originale le problème fondamental de la foi chrétienne et de toute religion : la relation au divin. Elles auront une grande influence par la suite. Outre la célèbre formule - « La mesure de notre amour de Dieu, c'est l'aimer sans mesure » -, Bernard aide à parcourir le chemin qui mène de l'égoïsme humain à l'amour de Dieu.

    Le Traité sur « La Grâce et le libre arbitre » est sans doute plus tardif ; sa composition serait à situer avant 1128. Dans le cadre d'un enseignement à des moines, Bernard se révèle théologien de grande classe au sujet d'un problème qui tourmente la conscience chrétienne occidentale depuis les luttes du IVe siècle contre Pélage. Pour Bernard, les deux réalités - grâce et libre arbitre - ne sont pas à opposer : plus l'on reconnaît son rôle à la grâce de Dieu, plus on magnifie la liberté inamissible de l'homme.

  • Les discours présentés dans ce volume illustrent divers genres oratoires.
    Ils concernent tous des événements marquants de la vie personnelle de Grégoire de Nazianze. Un conflit résolu avec des moines dissidents donne lieu à un discours de réconciliation consacré aux mérites de la paix (Discours 6). La mort de Gorgonie, sa soeur, et celle de Césaire, son frère, suscitent deux grands éloges funèbres (Discours 7-8). Les Discours 9-12, plus brefs, ont trait à son élévation à l'épiscopat, en 372.
    On retrouve dans ces textes d'inspiration variée l'orateur nourri d'hellénisme, le pasteur exigeant, le "philosophe" chrétien que ne cesse d'être Grégoire de Nazianze au long de son oeuvre.

  • On compte environ cent cinquante sermons consacrés par Augustin à expliquer le mystère pascal.
    Le présent volume n'est donc qu'une anthologie, réunissant une série de dix sermons de l'Homiliaire de Fleury, prononcés en 412 ou 413, qui vont du matin de Pâques au dimanche de l'Octave, et cinq autres sermons de datation plus incertaine, qui complètent le cycle de la prédication entreprise au début du Carême. A partir de ces exemples, et grâce à cette reconstruction d une prédication pascale a Hippone, le lecteur peut se faire une idée assez juste de l'instruction que recevait le catéchumène et des différentes étapes de son initiation au mystère chrétien: la prédication de Carême, la tradition du symbole de foi et du Pater, la célébration de la Semaine sainte et de la Passion, la nuit et le jour de Pâques, enfin les jours de l'octave suivante.
    Au-delà des quinze sermons ici réunis, l'introduction fait appel à l'ensemble de la prédication pascale d'Augustin ; elle retrace tous les rites de l'initiation chrétienne et introduit le lecteur de manière fort complète dans la théologie du " sacrement " de la Pâque et de la Résurrection.
    La lace centrale de ce thème dans la pensée du docteur d'Hippone y est mise en évidence, tout comme la richesse du contenu de ces sermons, qu'il s'agisse de théologie, d'histoire de la liturgie, de catéchèse ou de spiritualité.

  • Textes littéraires très travaillés, enracinés dans la liturgie et la vie quotidienne du monastère de Clairvaux, les Sermons pour l'année ne sont pas toutefois l'exact reflet d'une prédication orale. Ils constituent de véritables " traités " thématiques où Bernard, en docteur de la vie spirituelle, développe sa théologie mystique. L'aujourd'hui de la liturgie est en tension entre le passé et l'avenir, entre le " déjà là " et le " pas encore " : il renvoie à l'économie du salut, à l'histoire sainte comme à l'attente eschatologique. Les Sermons autour de Noël insistent sur l'abaissement du Dieu miséricordieux, dans la décision même de l'Incarnation, dans la naissance du Verbe " abrégé dans la chair " et pauvre parmi les pauvres, dans sa soumission à la loi de la circoncision, au baptême des pécheurs. Mais dès le premier sermon, la trajectoire est annoncée de bout en bout : celui qui est descendu au plus bas, jusque dans l'enfer, est aussi celui qui est monté au plus haut des cieux. C'est un itinéraire de salut que Bernard propose ici à ceux qui veulent imiter le Christ dans son humilité.

  • Textes littéraires très travaillés, enracinés dans la liturgie et la vie quotidienne du monastère de Clairvaux, les Sermons pour l'année ne sont pas toutefois l'exact reflet d'une prédication orale. Ils constituent de véritables " traités " thématiques où Bernard, en docteur de la vie spirituelle, développe sa théologie mystique. L'aujourd'hui de la liturgie est en tension entre le passé et l'avenir, entre le " déjà là " et le " pas encore " : il renvoie à l'économie du salut, à l'histoire sainte comme à l'attente eschatologique. Les Sermons autour de Noël insistent sur l'abaissement du Dieu miséricordieux, dans la décision même de l'Incarnation, dans la naissance du Verbe " abrégé dans la chair " et pauvre parmi les pauvres, dans sa soumission à la loi de la circoncision, au baptême des pécheurs. Mais dès le premier sermon, la trajectoire est annoncée de bout en bout : celui qui est descendu au plus bas, jusque dans l'enfer, est aussi celui qui est monté au plus haut des cieux. C'est un itinéraire de salut que Bernard propose ici à ceux qui veulent imiter le Christ dans son humilité.

  • Le livre II de l'Histoire Ecclésiastique de Socrate couvre les règnes des fils de Constantin (337-361), le livre III ceux de Julien et Jovien (361-364).
    Comme dans le livre I l'histoire générale sert de cadre à l'histoire ecclésiastique. Le livre II mentionne quelques événements politiques, concernant surtout le règne de Constance II. Le livre III s'étend davantage sur Julien et sa politique : un long chapitre relate sa carrière avant son accession à l'empire, sa politique religieuse est aussi longuement rapportée ; l'expédition de Perse et la mort de Julien, l'avènement de Jovien et sa mort, donnent lieu à des récits plus brefs.
    Mais l'essentiel reste consacré à l'histoire ecclésiastique. La crise arienne tient naturellement une place considérable dans ces livres, en particulier dans le. livre II. Plusieurs des nombreux conciles qui suivirent celui de Nicée -celui d'Antioche de 341, dit de la Dédicace, ceux de Sardique (343), de Sirmium (351 et 357), de Milan (355), de Rimini (359), de Séleucie (359), de Constantinople (360), d'Antioche (361), d'Alexandrie (362), des Macédoniens, d'Antioche (363) donnent lieu à de copieuses notices, plusieurs des confessions de foi qui les préparent ou qu'ils produisent sont citées in extenso.
    Ces textes souvent mentionnés dans les histoires de la crise arienne, mais rarement lus, sont ici pour la première fois intégralement traduits en français. Dans le livre III, une des mesures de Julien, l'interdiction faite aux chrétiens d'enseigner, donne à Socrate l'occasion d'un long excursus qui est un vibrant plaidoyer pour la culture classique.

  • Gallus

    Sulpice Severe

    Dans cet ouvrage ayant " l'apparence d'un dialogue ", et intitulé Gallus, du nom d'un des interlocuteurs, Sulpice Sévère s'attache à " établir d'abord la véracité de l'histoire " : celle des " miracles de saint Martin ". Car l'heure n'est plus à l'apologie et au panégyrique comme dans la Vie de Martin, mais à la polémique et parfois à l'invective : entre 397 et 404 - dates probables de publication des deux oeuvres -, Martin a disparu, et ses disciples se heurtent à des difficultés croissantes. Dans le premier " livre ", Postumien, un sympathisant des martiniens et un ami fidèle de Sulpice, raconte son pèlerinage en Egypte. Il rapporte aussi bien de savoureuses anecdotes sur les " Pères du désert " que le récit des luttes peu édifiantes entre moines et évêques à propos de l'origénisme à Alexandrie. Récits et polémiques, miracles et controverses alternent dans les deux " livres " suivants, rythmés seulement par des " intermèdes gaulois " où le dialogue reprend ses droits. Ce mélange de thèmes et de tons s'avère souvent déconcertant, mais confère au livre une originalité littéraire incontestable. Avec la publication de ces Dialogues s'achève l'édition des oeuvres complètes de Sulpice Sévère dans la collection des Sources Chrétiennes.

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